D’ici quelques semaines, les urnes auront parlé. Et si le résultat est au rendez-vous, ce que nous vous souhaitons sincèrement, commencera alors une période bien différente de la campagne. Moins de réunions publiques. Moins de tracts. Plus de décisions à prendre, souvent dès la première semaine.
En décembre dernier, 1 010 élus locaux ont répondu à une consultation lancée par le Sénat sur les 100 premiers jours du mandat municipal. Près de neuf sur dix exercent dans des communes de moins de 5 000 habitants. Leurs réponses décrivent un début de mandat dense, technique et peu propice à l’improvisation.
L’engagement reste fort. 73 % des maires disent se présenter pour améliorer le cadre de vie des habitants. C’est la motivation première. Mais dans le même temps, 44 % des élus sortants déclarent avoir hésité ou renoncé à se représenter. Difficulté à concilier mandat et vie personnelle, fatigue, tensions, contraintes budgétaires : le mandat est devenu plus exigeant.
Avant même l’élection, un élu sur deux reconnaît que constituer sa liste a été difficile. Manque de volontaires, exigence de parité, difficulté à trouver des personnes prêtes à s’engager sur la durée. Cette réalité pèse déjà sur la solidité des équipes. L’équilibre collectif ne se décrète pas le soir de la victoire.
Les 100 premiers jours ne sont pas une simple période d’installation. 60 % des élus les décrivent comme une phase de lancement des projets. 43 % estiment qu’ils sont décisifs pour la réussite du mandat. Les premières décisions concernent l’organisation interne : délégations aux adjoints, définition d’un projet de mandat, formation des nouveaux élus. Dans les petites communes, sans cabinet ni direction générale structurée, ces arbitrages reposent directement sur le maire et son équipe.
Les priorités annoncées sont révélatrices. L’aménagement et l’urbanisme arrivent en tête, suivis des services techniques et des finances. Voirie, budget, organisation. Le quotidien avant les annonces symboliques.
Le principal écueil identifié est clair : vouloir aller trop vite et lancer trop de projets à la fois. L’envie d’agir est légitime après une campagne intense. Mais les premiers mois exigent méthode, hiérarchisation et sécurisation des décisions.
Beaucoup soulignent également le besoin de formation immédiate, notamment sur les règles budgétaires, les marchés publics et les responsabilités juridiques. Les 100 premiers jours sont techniques autant que politiques. Clarifier les rôles, comprendre les marges de manœuvre, sécuriser les procédures, c’est installer le mandat sur des bases solides.
Le soir de l’élection est un moment fort. Le lendemain commence le travail.
Alors oui, d’ici mi-mars, nous vous souhaitons la victoire. Mais surtout, nous vous souhaitons une équipe soudée et des priorités tenues dès les premières semaines.
Un mandat se gagne en mars. Il se construit dès avril.
Le document complet de la consultation est disponible ci-dessous pour celles et ceux qui souhaitent en prendre connaissance.


