DERRIÈRE LE BUDGET EUROPÉEN, UNE RECENTRALISATION SILENCIEUSE

À première vue, le budget européen se joue loin des conseils municipaux et départementaux. En réalité, ces arbitrages déterminent les marges de manœuvre des collectivités pour financer des politiques publiques essentielles, qu’il s’agisse de développement économique, d’insertion, de formation, de pêche ou de transition écologique.

La préparation du futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne illustre parfaitement cet enjeu. Dans sa dernière lettre d’information, Nathalie Sarrabezolles, conseillère départementale du Finistère et membre du Comité européen des Régions, alerte sur des orientations budgétaires qui pourraient profondément fragiliser les territoires.

Un budget qui recentralise au lieu de soutenir les collectivités

La proposition actuellement discutée à Bruxelles opère une rupture majeure. Elle prévoit de regrouper, au sein d’un même pilier budgétaire, des politiques jusqu’ici distinctes et structurantes pour les collectivités locales : politique de cohésion, agriculture, pêche, insertion, emploi, développement régional ou encore transition juste.

Derrière cette réorganisation se dessine une logique de renationalisation des fonds européens, à travers de nouveaux plans nationaux et régionaux. Si les collectivités seraient consultées, l’État conserverait la main sur les priorités et la répartition des enveloppes. Cette évolution entraînerait une perte d’autonomie locale et une mise en concurrence accrue entre territoires, au détriment des mécanismes de solidarité interrégionale.

Pour la Bretagne et le Finistère, particulièrement concernés par ces financements, les conséquences seraient lourdes. Dans de nombreuses communes et intercommunalités, les fonds européens ne constituent pas un simple complément : ils sont souvent le levier qui permet de lancer, de maintenir ou d’amplifier des politiques publiques essentielles.

Face à ce projet de budget, le Comité européen des Régions a exprimé son opposition. Malgré quelques ajustements proposés par la Commission européenne à l’issue de la Semaine européenne des régions et des villes, les garanties restent insuffisantes. Les représentant·es des collectivités défendent des lignes budgétaires distinctes, une ambition financière renforcée, de véritables ressources propres pour l’Union, et surtout le refus d’une centralisation qui éloignerait encore davantage les décisions des réalités locales.

Santé : garantir l’égalité d’accès partout en Europe

Autre sujet majeur porté au sein du Comité européen des Régions : la lutte contre les pénuries de médicaments. Lors de la dernière session plénière, Nathalie Sarrabezolles a rappelé que l’accès à la santé ne peut être une promesse variable selon le lieu de vie, mais un droit effectif garanti dans chaque région.

Les pénuries touchent aujourd’hui des médicaments essentiels, notamment en santé mentale, en contraception, mais aussi les antiviraux et les vaccins. Au-delà de l’urgence sanitaire, ces enjeux interrogent l’autonomie stratégique européenne et l’utilisation des fonds publics, qui doivent servir l’intérêt général et non devenir des instruments de pression économique ou géopolitique.

Ce que rappelle cette lettre d’information, c’est une réalité trop souvent sous-estimée : les choix européens façonnent directement l’action locale. Pour les élu·es, s’approprier ces débats est indispensable afin de défendre l’autonomie des collectivités, la solidarité entre territoires et la capacité à répondre aux besoins des habitantes et habitants.

À l’UESR29, nous continuerons à relayer et à valoriser les positions défendues au sein du Parti socialiste européen, pour une Europe plus proche des territoires et de celles et ceux qui y vivent.

Pour aller plus loin

Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir plus en détail l’activité de Nathalie Sarrabezolles au sein du Comité européen des Régions, l’UESR29 met à disposition ci-dessous sa lettre d’information, consultable en intégralité.

Lettre N°3 de Nathalie Sarrabezolles

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