PARLER D’ENVIRONNEMENT À L’ÉCHELLE COMMUNALE EN 2026

Six ans après les élections municipales de 2020, l’écologie locale n’a pas quitté le débat public. Elle s’y est installée durablement, mais sous une forme différente. Une étude récente de l’Institut Terram, publiée à l’approche du scrutin de mars 2026, montre que les attentes citoyennes demeurent élevées, tout en s’étant transformées. Moins portée par les discours, davantage jugée à partir de ses effets, l’ »écologie municipale » est désormais appréciée à l’aune de ce qu’elle modifie dans la vie quotidienne.

Premier enseignement de l’étude : l’action environnementale des municipalités sortantes bénéficie d’un regard globalement favorable. Plus de sept Français sur dix se déclarent satisfaits de ce qui a été engagé par leur commune. Cette appréciation traverse largement les clivages politiques, sociaux et générationnels. La commune reste perçue comme un niveau d’action lisible, capable d’intervenir sur des sujets proches des habitants.

Cette satisfaction ne traduit pas un relâchement des attentes. Seul un tiers des citoyens estime aujourd’hui que sa commune a pris de l’avance sur les enjeux environnementaux. Les exigences ont évolué : il ne s’agit plus d’afficher des orientations générales, mais d’apporter des réponses ajustées aux réalités locales, dans un cadre financier et organisationnel contraint.

L’étude souligne également la diversité des préoccupations selon les territoires. Dans les communes rurales, la qualité de l’eau apparaît comme la principale source d’inquiétude, loin devant la pollution de l’air ou les nuisances sonores. Dans les grandes agglomérations, l’attention se porte davantage sur la pollution atmosphérique, le bruit, l’urbanisation jugée excessive ou les épisodes de chaleur. Cette différenciation rappelle que les politiques environnementales locales ne peuvent être pensées sur un modèle unique.

Sur le plan électoral, l’environnement s’impose désormais comme un élément du choix des électeurs. Près de trois quarts des Français déclarant vouloir participer aux municipales indiquent que les propositions environnementales des candidats compteront dans leur décision. Cette attention concerne toutes les générations et l’ensemble des catégories sociales. L’écologie n’est plus cantonnée à un électorat particulier ; elle traverse désormais l’ensemble du débat municipal.

Ce qui évolue le plus sensiblement, toutefois, c’est la manière dont l’écologie est envisagée. Pour une large majorité de citoyens, elle ne constitue plus un domaine isolé. Elle est attendue comme un fil conducteur des politiques locales, qu’il s’agisse d’urbanisme, de mobilités, de gestion de l’eau, de déchets, de santé ou de prévention des risques. L’enjeu environnemental devient ainsi une grille de lecture de l’action municipale dans son ensemble.

Cette approche rejoint une autre préoccupation largement exprimée : celle de la sécurité. Si la délinquance et les incivilités demeurent centrales, la notion de sécurité s’est élargie. Sécurité routière, sécurité économique et sociale, mais aussi protection face aux risques climatiques, qualité de l’air, accès à l’eau ou continuité des services essentiels. Près d’un Français sur deux associe désormais la sécurité municipale à des enjeux environnementaux et sanitaires, signe d’un déplacement durable des attentes.

Pour les équipes municipales et les candidats, la question n’est donc plus celle de l’affichage d’une politique environnementale, mais celle de sa cohérence avec l’ensemble des décisions locales. L’étude de l’Institut Terram fait ressortir une attente de constance, d’adaptation et de lisibilité, bien plus qu’une demande de ruptures spectaculaires.

À quelques semaines des élections municipales, l’écologie locale apparaît ainsi moins comme un marqueur politique que comme un critère d’appréciation de l’action publique. Elle se mesure moins à l’ambition affichée qu’à la façon dont les communes traduisent les enjeux environnementaux dans leurs choix quotidiens. Autrement dit, à ce qui se fait, plus qu’à ce qui se dit.

Pour aller plus loin, l’étude complète de l’Institut Terram est consultable sur son site.

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