SIMPLIFICATION : LE DÉCRET QUI TOUCHE AUX PROCÉDURES, PAS À L’ARCHITECTURE LOCALE

Il y a des textes qui promettent beaucoup et changent peu. Celui du 20 février 2026 fait l’inverse : il ne promet rien, ou presque, mais il modifie déjà une série de gestes ordinaires dans la vie des collectivités.

Un plan local d’urbanisme qui abroge enfin, de plein droit, la carte communale devenue sans objet. Un concours d’architecte qui n’est plus imposé sous 300 000 euros hors taxes. Une attestation de non-contestation de conformité que l’administration devra délivrer dans les quinze jours lorsqu’elle n’a pas réagi dans les délais. Dit ainsi, cela paraît modeste. Dans une mairie, cela ne l’est pas.

Le décret ne touche ni aux compétences, ni aux finances, ni à la vieille question de l’autonomie locale. Il va là où l’action publique se fatigue : dans les enchaînements, les doublons, les formalités qui n’ont plus d’autre fonction que de retarder. Les communes pourront tenir un registre unique pour leurs délibérations et leurs arrêtés. Certaines commissions départementales pourront se réunir en visioconférence, à la demande de leurs membres. Lorsqu’une seule liste se présente, l’élection formelle disparaît : la nomination suffira.

La même logique traverse l’urbanisme et l’environnement. Le texte sort du champ des formalités certaines pompes à chaleur non visibles depuis l’espace public, hors secteurs protégés. Il permet aussi au préfet de notifier explicitement l’absence d’opposition dans les procédures relevant de la loi sur l’eau, sans attendre que le délai s’épuise jusqu’au dernier jour. Plusieurs avis consultatifs sont supprimés, notamment dans les procédures liées au domaine public maritime. Le principe demeure ; le parcours se raccourcit.

Le décret descend aussi dans des zones plus techniques, mais pas secondaires : concessions hydroélectriques, organismes de formation des élus, établissements sociaux et médico-sociaux, logement aidé, équipements sportifs, terrains familiaux destinés aux gens du voyage. Partout, la même méthode : corriger des points précis, fermer des interstices, éviter des lenteurs devenues familières.

Ces ajustements étaient attendus. Ils ne répondent pas, en revanche, à la demande plus large de stabilité normative exprimée par de nombreux élus.

Il ne faut pas lui demander ce qu’il ne prétend pas faire. Ce texte ne refonde rien. Il ne stabilise pas le droit local. Il ne répond pas davantage à la question des moyens. Mais il dit quelque chose de la séquence ouverte par l’exécutif : la simplification commence, pour l’instant, non par une grande loi de décentralisation, mais par une reprise minutieuse des procédures.

Le reste viendra, ou non. Pour les élus, le verdict tombera vite : au fil des permis, des marchés, des délibérations. Là où l’on verra si le décret retire vraiment des obstacles ou s’il en déplace simplement les contours.

Pour aller plus loin
Le décret du 20 février 2026 est consultable ici dans son intégralité (Journal officiel).

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