La taxe de séjour pourrait de nouveau faire l’objet d’une réforme dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2027. Plusieurs associations d’élus et organisations professionnelles du tourisme viennent d’adresser au gouvernement une position commune pour rappeler les limites qu’elles ne souhaitent pas voir franchies.
Depuis plusieurs années, l’État cherche à simplifier cette taxe, dont les règles sont souvent jugées complexes. Parmi les pistes évoquées figure le transfert de sa gestion et de son contrôle à la Direction générale des finances publiques. Cette option semblait avoir été écartée au printemps, le gouvernement ayant indiqué que les échanges avec les associations d’élus ne permettaient pas de la retenir. Elle réapparaît toutefois dans les discussions ouvertes autour du budget 2027.
Les associations d’élus et les organisations professionnelles du tourisme signataires du texte rejettent fermement cette hypothèse. Pour elles, la taxe de séjour doit rester gérée au plus près des territoires. Sa collecte repose aujourd’hui sur un lien direct entre les collectivités, les hébergeurs et les professionnels du tourisme. Confier sa gestion à une administration centrale reviendrait à éloigner la décision des communes et des intercommunalités qui accueillent les visiteurs et financent les politiques touristiques locales.
L’autre point de vigilance porte sur l’affectation de cette recette. Le Code général des collectivités territoriales prévoit que le produit de la taxe de séjour perçu par les communes finance les dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique. Les associations d’élus et les professionnels demandent que ce principe soit préservé : la taxe de séjour ne doit pas devenir une recette fiscale ordinaire, utilisée pour d’autres politiques publiques.
En Île-de-France, une taxe additionnelle à la taxe de séjour a été créée pour contribuer au financement du Grand Paris Express. D’autres pistes de financement ont également été évoquées ces dernières années autour des RER métropolitains. Les associations d’élus et les professionnels du tourisme y voient le risque d’un éloignement progressif du principe selon lequel les recettes de la taxe de séjour doivent être affectées aux dépenses liées au tourisme.
Ils alertent également sur l’accumulation de fiscalités additionnelles, qui peut conduire à des niveaux très élevés dans certains territoires. Dans un secteur déjà soumis à une forte concurrence, une hausse trop forte pourrait aussi fragiliser l’attractivité des destinations.
Plusieurs pistes techniques sont également contestées. Les associations d’élus et les organisations professionnelles s’opposent à une taxe calculée en pourcentage du prix de la nuitée. Elles estiment qu’un tel système pénaliserait davantage les établissements qui investissent dans la qualité, la rénovation ou l’amélioration de leur offre.
Elles refusent aussi la généralisation du barème proportionnel aux hébergements classés. Aujourd’hui, ce barème concerne les établissements non classés, avec l’idée d’encourager leur classement. L’étendre aux hébergements déjà classés reviendrait à affaiblir cette logique.
La suppression de la taxe de séjour au forfait est, en revanche, accueillie avec moins de réserves. Les signataires ne s’y opposent pas par principe, au nom de la simplification, dès lors que ce régime reste peu utilisé et souvent considéré comme difficile à appliquer. Sa disparition conduirait à renforcer le recours à la taxe de séjour au réel, déjà largement utilisée par les collectivités.
Dans le Finistère, difficile de considérer ce débat comme lointain. De nombreuses communes vivent avec une forte fréquentation saisonnière, sur le littoral comme dans les secteurs touristiques de l’intérieur. La taxe de séjour participe au financement de cet accueil : offices de tourisme, information des visiteurs, équipements, aménagements, services liés à la saison.
Les discussions doivent désormais se poursuivre dans le cadre de la préparation du budget 2027. Les élus et les professionnels du tourisme préviennent qu’ils restent favorables à une simplification du dispositif, mais pas au prix d’une centralisation ni d’une remise en cause du lien entre la taxe de séjour et les politiques touristiques locales.
Signataires : AMF, Anel, Anem, Anett, ANMSM, Confédération des acteurs du tourisme (CAT), FNHPA, FNRT, GHR, GNC, Umih et Unat.


