PLF 2027 : L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE À MOYENS COMPTÉS

Le budget 2027 affiche une hausse de 23 % des crédits du programme 112, maintient France services et prolonge les grands programmes de revitalisation. Mais cette progression tient en partie à des transferts budgétaires, tandis que plusieurs enveloppes d’investissement se resserrent. Dans le Finistère, où 39 communes sont engagées dans Petites villes de demain et où deux Territoires d’industrie sont concernés, la question n’est pas seulement celle du maintien des dispositifs, mais des moyens qu’il restera pour faire aboutir les projets.

Les 344 millions d’euros inscrits en autorisations d’engagement donnent au premier regard l’image d’un budget en nette progression. Une part importante de cette hausse provient pourtant du rattachement au programme 112 de dépenses jusque-là comptabilisées ailleurs, parmi lesquelles la lutte contre les algues vertes en Bretagne. Sans ces transferts, la progression perd une bonne partie de sa portée et laisse surtout apparaître des choix plus resserrés.

France services reste largement préservé, avec 84 millions d’euros, un objectif porté à 3 000 structures et un financement de fonctionnement qui atteindra 50 000 euros par site. L’ANCT conserve un budget proche de 55,6 millions d’euros, tandis que 12 millions sont consacrés aux chefs de projet de Petites villes de demain et Villages d’avenir. L’ingénierie territoriale demeure donc bien financée, qu’il s’agisse des équipes, de l’accompagnement ou du montage des opérations.

Sa géographie, en revanche, va évoluer. 50 chefs de projet Petites villes de demain doivent être placés sous l’autorité des préfets, avec autant de cofinancements en moins auprès des collectivités. Le mouvement est limité à l’échelle nationale, mais il touche à une question sensible pour les élus : celle du pilotage des projets et de la proximité de l’ingénierie avec les communes et les intercommunalités. Dans le Finistère, 39 communes sont engagées dans Petites villes de demain.

Du côté de Territoires d’industrie, les 4 millions d’euros consacrés à l’ingénierie sont maintenus, tandis que le soutien aux investissements via le Fonds vert pourrait être réduit, voire supprimé en 2027. Les documents budgétaires parlent d’une mesure appelée à être “repriorisée voire mise en extinction”, une formulation qui dit assez bien l’incertitude. Le Finistère est concerné par deux Territoires d’industrie, “Finistère”  et “Pays de Lorient – Quimperlé” ; l’accompagnement demeure, mais une partie des crédits qui permettaient de faire avancer les projets devient beaucoup moins assurée.

2027 marquera aussi la fin de l’actuelle programmation des politiques contractuelles. Les crédits consacrés aux CPER ne progressent que légèrement, à 73,2 millions d’euros, tandis que sept CRTE couvrent aujourd’hui le Finistère. Le nouveau cycle municipal s’ouvre donc avec plusieurs cadres de contractualisation à rediscuter, au moment même où les collectivités commencent à mettre en œuvre leurs projets de mandat.

France services, l’ANCT, Petites villes de demain ou Territoires d’industrie ne disparaissent pas du paysage. Ce qui change, c’est la solidité des moyens qui les accompagnent : l’ingénierie reste bien présente, alors que plusieurs leviers d’investissement deviennent plus fragiles.

Les dispositifs restent en place et l’ingénierie est maintenue, mais au moment de passer aux travaux, les financements deviennent moins sûrs, ce qui donne à ce budget un visage beaucoup plus contraint qu’il n’y paraît au premier regard.

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