À Landivisiau, la place de l’Église ne se décidera pas sans les Landivisiens. Dans cette commune qui avait toujours été dirigée par la droite avant les dernières municipales, la nouvelle équipe de Samuel Phélippot a engagé l’un des premiers dossiers visibles du mandat en choisissant de prendre le temps : tester, recueillir les observations des habitants et des commerçants, puis seulement arrêter le futur aménagement.
Depuis le 15 juin, cette phase test se voit sur la place elle-même. Quinze emplacements centraux sont temporairement neutralisés, sur cinquante-cinq au total, tandis que le stationnement reste possible sur le pourtour. Les marquages au sol redessinent l’organisation de la place. Des bacs fleuris marquent l’espace central dégagé et rendent le changement immédiatement lisible.
Jusqu’au 30 janvier 2027, les observations des Landivisiens sont attendues par la mairie. La place de l’Église touche à des habitudes très installées : s’arrêter quelques minutes, rejoindre les commerces, traverser le centre, circuler d’une rue à l’autre. En neutralisant les quinze emplacements centraux, la Ville ne supprime pas le stationnement ; elle le réorganise autour de la place. Les habitants pourront donc juger cette nouvelle disposition sur place, avant que le futur aménagement ne soit arrêté.
Dans une ville récemment passée à gauche, ce dossier donne le ton : la nouvelle équipe municipale avance, mais sans arrêter le projet avant d’avoir entendu habitants, commerçants et usagers.
Benjamin Ropert, adjoint chargé des travaux, expliquait récemment dans la presse que l’ancien marquage au sol était particulièrement fatigué. Plutôt que de le reprendre à l’identique, la municipalité a choisi d’en faire le point de départ d’une phase test sur l’organisation de la place.
Les commerçants sont directement concernés. Leur activité dépend de l’accessibilité du centre, de la capacité des clients à s’arrêter facilement et de la lisibilité des circulations. La municipalité entend donc les associer pleinement avant d’arrêter le futur aménagement.
Les premiers retours sont encourageants. La phase test permet ainsi aux Landivisiens de se projeter dans l’évolution de leur centre-ville, avant que l’aménagement définitif ne soit arrêté.
Ce choix trouvera un écho dans nombre de communes, où les élus doivent composer avec les mêmes attentes : garder des commerces accessibles, conserver du stationnement, sécuriser les déplacements à pied, introduire davantage de végétal et rendre les centres plus agréables.
À Landivisiau, le futur visage de la place de l’Église ne se dessinera donc pas seulement sur plan. Il prendra aussi forme à partir des remarques des habitants, des retours des commerçants et de ce que chacun aura pu constater pendant ces mois d’essai. Avant même les travaux, la place de l’Église dit déjà quelque chose du mandat qui s’ouvre : une majorité qui choisit de faire de l’écoute des habitants non pas une étape formelle, mais une condition de la décision municipale.


