MATCHS DES BLEUS : LES RÈGLES À CONNAÎTRE AVANT UNE RETRANSMISSION PUBLIQUE

La France a remporté son premier match de Coupe du monde. Si les Bleus poursuivent leur parcours, certaines communes pourraient être sollicitées pour organiser une retransmission publique des prochaines rencontres. Or une diffusion privée et un événement ouvert aux habitants ne répondent pas aux mêmes règles.

Dès lors qu’un match est diffusé dans une salle municipale, un équipement communal ou sur un espace public, plusieurs questions se posent rapidement. Qui organise ? Qui assure l’événement ? Quel lieu est retenu ? Quelle affluence est attendue ? Comment gérer les accès, le stationnement ou la sortie du public ?

À ces interrogations s’ajoutent les règles fixées par la FIFA pour la Coupe du monde 2026.

Dans la plupart des cas, les initiatives portées par les communes, les associations ou les clubs sportifs relèvent de la catégorie des événements non commerciaux. Aucune licence particulière n’est alors nécessaire.

Pour autant, la diffusion ne peut pas être organisée n’importe comment. Le match doit être retransmis à partir d’un diffuseur autorisé en France, c’est-à-dire M6 ou beIN SPORTS. Le signal doit être diffusé en direct et dans son intégralité, sans modification du contenu audiovisuel, y compris les séquences publicitaires. Il n’est pas possible d’ajouter des incrustations, des messages ou des éléments graphiques sur les images.

Le règlement précise également que la retransmission ne peut être ni rediffusée ni proposée en différé. Pour les matchs ordinaires, la couverture doit commencer dix minutes avant le coup d’envoi et se poursuivre jusqu’à dix minutes après la fin du match. Pour les matchs d’ouverture et de clôture, cette durée est portée à environ vingt minutes avant le coup d’envoi afin d’inclure les cérémonies.

La FIFA impose également le respect de ses droits de propriété intellectuelle. Les organisateurs ne peuvent pas utiliser les logos, emblèmes ou visuels officiels de la compétition sans autorisation. De la même manière, la communication autour de l’événement ne doit pas laisser croire que la commune ou l’association bénéficie d’un partenariat officiel avec la FIFA lorsqu’il n’en existe aucun.

Seule une utilisation très limitée du titre “FIFA World Cup 2026” est admise, dans une police standard et à des fins strictement informatives, pour indiquer la date, l’heure et le lieu de la retransmission. L’usage des marques, logos, emblèmes ou symboles officiels reste interdit sans autorisation.

Autre point à ne pas négliger à l’approche des municipales : le règlement interdit toute association de la couverture télévisée de la compétition à un candidat ou à un parti politique. Une retransmission publique ne peut donc pas devenir un support de communication électorale.

Les collectivités qui envisagent une retransmission sur écran géant sont par ailleurs invitées à informer M6 de leur projet de diffusion.

La situation change lorsqu’une dimension commerciale apparaît. Billetterie, opération de sponsoring ou bénéfice directement lié à l’événement : dans ce cas, une licence de diffusion publique doit être demandée à la FIFA.

La vente de nourriture, de boissons ou de services reste possible, mais elle ne doit pas laisser croire que le vendeur est officiellement associé à la FIFA, à la compétition ou à l’événement. De même, dans les bars, restaurants ou établissements commerciaux, la diffusion peut rester considérée comme non commerciale si elle relève de l’activité habituelle de l’établissement et si aucune billetterie, activité de parrainage ou opération commerciale supplémentaire n’est organisée autour du match.

Les règles de diffusion ne sont toutefois qu’une partie du sujet.

À l’approche de la compétition, plusieurs collectivités ont fait savoir qu’elles hésitaient à organiser des fan zones ou qu’elles réservaient leur décision aux derniers matchs. Derrière ces hésitations se retrouvent souvent les mêmes préoccupations : sécurité, mobilisation des moyens communaux, nuisances pour les riverains, circulation ou gestion des rassemblements.

Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs demandé aux préfets une vigilance particulière autour des fan zones et des lieux accueillant des retransmissions publiques importantes.

L’organisateur doit aussi disposer des autorisations nécessaires, notamment auprès du diffuseur officiel, des sociétés de gestion des droits, des autorités locales ou de tout tiers concerné. Il doit également prévoir des assurances adaptées, la FIFA déclinant toute responsabilité en cas de dommage lié à l’événement.

Autre évolution : les questions environnementales s’invitent désormais dans l’organisation de ce type d’événements. La Fédération française de football a publié un guide destiné aux collectivités territoriales.

Le guide ne parle pas seulement de football. Il rappelle qu’une retransmission publique suppose aussi de choisir un lieu adapté, d’accueillir le public, de gérer les déplacements, les déchets, l’eau, l’énergie et les fortes chaleurs.

Pour une petite commune, il ne s’agit pas de copier les grandes fan zones. Il faut surtout savoir ce que l’on peut réellement tenir : le lieu, le nombre de personnes attendues, la sécurité, le bruit, le nettoyage et la sortie du public après le match.

Un écran géant ne fait pas tout. Si la soirée est réussie, c’est aussi parce que tout le reste a été prévu avant.

Documents à consulter

Règlement FIFA relatif aux diffusions publiques non commerciales de la Coupe du monde 2026

Guide FFF pour l’organisation de fan zones écoresponsables

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