BUDGET 2027 : MÉLANIE THOMIN DÉCROCHE UN PREMIER FEU VERT POUR 32,5 MILLIONS D’EUROS

Quatre amendements, 32,5 millions d’euros en jeu : Mélanie Thomin a obtenu plusieurs votes favorables en commission des finances lors de l’examen du budget 2027. La députée socialiste du Finistère a notamment fait avancer la création d’un fonds de soutien aux pêcheurs, aux côtés de mesures destinées à la sécurité maritime et à la protection du littoral. 

Rejetée lors d’un premier examen, la proposition d’un fonds de 15 millions d’euros pour les pêcheurs a finalement obtenu un vote favorable en commission des finances. Une décision qui intervient à quelques semaines de l’expiration des aides au gazole, alors que les armements préparent déjà leurs campagnes de 2027 sans connaître les soutiens sur lesquels ils pourront compter.

Avec ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, Mélanie Thomin a également défendu trois amendements consacrés aux secours en mer, aux Phares et balises et au Conservatoire du littoral. Des dossiers qui concernent directement notre territoire, de la surveillance du trafic maritime au large d’Ouessant à l’entretien des ouvrages en mer et à la préservation des espaces côtiers.

Pêche : le gazole pèse sur la rentabilité des sorties en mer

À 95 centimes le litre dans certains ports, le gazole professionnel n’est plus une charge parmi d’autres. Selon les chiffres de la ministre chargée de la Mer repris dans l’amendement, il peut absorber près de la moitié du chiffre d’affaires des pêcheurs, au point de rendre certaines sorties non rentables et de contraindre des navires à rester à quai.

Depuis le printemps, l’État tente de contenir la hausse par des aides successives : 20 centimes par litre en avril, 35 en mai, puis 25 de juin à août. Mais le dispositif reste provisoire, avec une échéance fixée au 31 décembre 2026. Pour les armements, difficile dans ces conditions de préparer les campagnes de l’année suivante, d’investir ou de recruter sans connaître le niveau de soutien dont ils pourront bénéficier.

C’est précisément cette incertitude que le fonds de 15 millions d’euros défendu par Mélanie Thomin entend lever, en finançant prioritairement une aide au carburant pour 2027. Dans les ports finistériens, la question dépasse les seuls équipages : chaque sortie annulée représente aussi du poisson qui ne sera pas débarqué, vendu en criée ou travaillé par les entreprises de mareyage. Toute une activité à terre dépend de la capacité des bateaux à prendre la mer.

Sécurité maritime : 7,5 millions d’euros pour les CROSS et les Phares et balises

Au large d’Ouessant, navires de commerce, bateaux de pêche et plaisanciers se partagent une zone de navigation placée sous la surveillance du CROSS Corsen. Depuis Plouarzel, ses équipes suivent le trafic maritime et coordonnent les opérations de recherche et de sauvetage dans leur zone de compétence.

Cette mission s’inscrit dans une activité nationale en hausse : en 2025, les CROSS ont coordonné 15 487 opérations de secours, soit 5 % de plus que l’année précédente. Pour renforcer leurs moyens, un amendement porté par Mélanie Thomin et ses collègues du groupe Socialistes et apparentés prévoit 2,5 millions d’euros supplémentaires.

Les services des Phares et balises sont également concernés, avec une enveloppe de 5 millions d’euros proposée dans un second amendement. Ils assurent le fonctionnement et l’entretien de plus de 8 000 aides à la navigation sur les côtes françaises, dont certaines sont particulièrement difficiles d’accès.

En mer d’Iroise, les phares de la Jument, de Kéréon ou d’Ar-Men restent exposés aux courants et aux tempêtes. Leur entretien impose des interventions techniques délicates, parfois héliportées, auxquelles s’ajoutent les dépenses liées au vieillissement des ouvrages.

Le patrimoine des phares fait également l’objet d’une initiative distincte de Mélanie Thomin. Le 8 octobre, la députée a déposé une proposition de résolution visant à faire inscrire le paysage architectural et lumineux des phares et feux de la mer d’Iroise au patrimoine mondial de l’Unesco, au titre des paysages culturels.

Conservatoire du littoral : 10 millions d’euros pour préserver ses moyens d’action

Les missions du Conservatoire du littoral s’étendent, mais les crédits consacrés à la biodiversité reculent. Dans le projet de budget 2027, l’action “Gestion des milieux et biodiversité” perd un peu plus de 8 millions d’euros par rapport à 2026, alors que l’établissement doit renforcer ses interventions face à l’érosion côtière et aux conséquences du changement climatique.

Mélanie Thomin et ses collègues du groupe Socialistes et apparentés ont défendu un amendement de 10 millions d’euros pour soutenir le Conservatoire, à l’heure où celui-ci prépare la mise en œuvre de son nouveau contrat d’objectifs et de performance pour 2026-2030. L’acquisition de terrains menacés, la restauration des zones humides et la protection des espaces naturels exigent des financements durables, souvent engagés bien avant que les effets de l’érosion ne deviennent visibles.

Dans le Finistère, les communes littorales connaissent l’importance de cette maîtrise foncière. Le Conservatoire leur permet de préserver des sites sensibles et d’engager, avec elles, des opérations dont le coût dépasse parfois leurs capacités financières. L’amendement entend maintenir cette capacité d’intervention, alors que la pression sur les espaces côtiers ne faiblit pas.

Budget 2027 : la question des moyens reste entière

Les amendements de Mélanie Thomin et de ses collègues socialistes posent désormais une question de fond : les 32,5 millions d’euros proposés viendront-ils renforcer la pêche, la sécurité maritime et la protection du littoral, ou seront-ils financés au détriment d’autres missions de l’État ? Les députés demandent au Gouvernement de lever cette compensation budgétaire. Tout l’enjeu est là : obtenir des moyens nouveaux, sans affaiblir les autres services publics.

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