PETITE ENFANCE : CE QUE DIT DÉJÀ LA PROCHAINE ÉTAPE DU SPPE

Le service public de la petite enfance n’a pas un an, et déjà, le cadre commence à bouger.

Au Sénat, une proposition de loi adoptée la semaine dernière vise à élargir la compensation financière à l’ensemble des collectivités concernées, en intégrant notamment les intercommunalités, qui assurent déjà, dans les faits, une large part de la mise en œuvre.

Le texte n’est pas encore définitivement adopté. Il devra être examiné à l’Assemblée nationale. Mais il dit déjà quelque chose d’important.

D’abord, il corrige une incohérence pointée depuis des mois : une partie des collectivités engagées dans l’organisation de l’accueil du jeune enfant restait jusqu’ici à l’écart du dispositif de compensation. Ensuite, il confirme une réalité bien connue sur le terrain : dans de nombreux territoires, la petite enfance se structure déjà à l’échelle intercommunale.

Mais cette correction s’accompagne d’une limite posée sans ambiguïté par le gouvernement : la compensation se ferait à enveloppe constante.

Autrement dit, davantage de collectivités pourraient devenir éligibles, sans augmentation des moyens. L’enjeu, pour les élus locaux, est donc clair : si le texte devait aboutir, il ne créerait pas, à ce stade, de marges financières nouvelles. Il modifierait les règles d’accès à la compensation, sans en changer le volume.

Ce que dit ce débat, au fond, dépasse la seule question du périmètre. Il confirme une orientation déjà à l’œuvre : un service public dont les responsabilités s’élargissent, dont l’ancrage intercommunal se renforce, mais dont le financement demeure étroitement contraint.

Autrement dit, le texte ne réglera pas à lui seul les équilibres fragiles sur lesquels reposent aujourd’hui les politiques d’accueil du jeune enfant.

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