Le 20 novembre 2025, en clôture du congrès des maires, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait la création d’une prime annuelle de 500 euros destinée aux maires pour les missions exercées en qualité d’officier d’état civil.
L’intention affichée : reconnaître une part du travail accompli au nom de l’État. Célébration des mariages, établissement des actes, gestion de procédures administratives sensibles… Ces fonctions, souvent perçues comme techniques, engagent pourtant la responsabilité personnelle du maire et occupent une place bien réelle dans le quotidien municipal.
Mais entre l’annonce politique et son application, plusieurs questions demeurent.
Le 12 février 2026, au Journal officiel du Sénat, la sénatrice Annie Le Houerou a interrogé la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation sur les modalités précises de cette prime : conditions de versement, calendrier d’entrée en vigueur, régime fiscal et social, périmètre exact des bénéficiaires.
Autant d’interrogations qui traversent déjà les exécutifs municipaux.
La question des adjoints
Un point mérite une attention particulière. Les adjoints exercent eux aussi, en vertu de l’article L.2122-32 du code général des collectivités territoriales, les fonctions d’officier d’état civil. À ce stade, l’annonce gouvernementale vise uniquement les maires.
Faut-il considérer cette prime comme strictement attachée à la fonction de maire, ou comme une reconnaissance plus large des missions exercées au nom de l’État ? La question est désormais posée.
Le statut de l’élu en toile de fond
La question dépasse le montant annoncé. Elle renvoie à un sujet plus large : celui de la place et des conditions d’exercice du mandat local. Charge administrative croissante, responsabilités juridiques renforcées, disponibilité permanente… le quotidien des exécutifs municipaux s’est densifié.
La prime évoquée par le Premier ministre ne résout pas tout. Elle s’inscrit dans un débat plus vaste sur la reconnaissance et l’équilibre du mandat.
La réponse ministérielle dira si cette annonce s’inscrit dans une évolution plus structurée.
L’annonce est posée. Le cadre reste à écrire.


