Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ne serviront pas seulement à élire un conseil municipal. Elles détermineront aussi, dans le même mouvement, la manière dont chaque commune sera représentée à l’intercommunalité. Un enjeu encore insuffisamment identifié, alors même qu’il concerne directement la vie quotidienne des habitants.
C’est le sens de la campagne portée par Intercommunalités de France : rappeler que, lors de ces élections, les électeurs votent à la fois pour une équipe municipale et pour leurs représentants intercommunaux. Autrement dit, les élections des 15 et 22 mars seront municipales et intercommunales.
Dans les communes de plus de 1 000 habitants, le bulletin de vote comporte deux listes associées : l’une pour les candidats au conseil municipal, l’autre pour ceux qui, parmi eux, sont fléchés pour siéger au conseil communautaire. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, la désignation des conseillers intercommunaux se fait selon l’ordre du tableau municipal, en fonction du nombre de sièges attribués à la commune. Dans les deux cas, contrairement à certaines idées reçues, les conseillers intercommunaux sont élus au suffrage universel direct.
Si ces règles sont connues dans leurs grandes lignes, leurs implications sont parfois mal mesurées au moment de la constitution des listes. Or l’intercommunalité n’est plus un échelon secondaire. Développement économique, mobilités, eau, déchets, urbanisme, logement, transition écologique, prévention des inondations ou encore politiques de sécurité : une large part des décisions structurantes pour les territoires se prennent aujourd’hui à cette échelle.
Un point de vigilance et d’anticipation :
Dans les communes de plus de 1 000 habitants, les choix opérés avant le scrutin conditionnent directement la représentation intercommunale. L’ordre des candidats et le fléchage intercommunal sont fixés au moment du dépôt des listes et servent de base au scrutin.
Autrement dit, ce qui n’est pas clairement compris et anticipé en amont réduit ensuite les marges de choix : qui siègera à l’intercommunalité, avec quel poids, et dans quelles conditions la commune pourra faire entendre sa voix au sein de l’exécutif communautaire.
Une équipe qui a intégré ces enjeux dès la constitution de sa liste se donne au contraire plus de latitude pour l’ensemble du mandat, dans un calendrier où l’exécutif intercommunal sera désigné rapidement après l’élection des maires, entre le 17 et le 24 avril 2026.
Dans un contexte marqué par le renouvellement des équipes municipales et la complexité croissante des mandats, la question de l’engagement reste centrale. Comme l’a rappelé Sébastien Miossec, président délégué d’Intercommunalités de France, il s’agit non seulement d’informer les électeurs, mais aussi de donner envie de s’engager, en comprenant mieux le sens et la portée du vote.
À l’UESR29, nous partons d’un principe simple : l’intercommunalité se prépare avant le vote. Comprendre les règles, mesurer les enjeux et anticiper les conséquences permet d’aborder le scrutin municipal avec une vision plus claire du mandat à venir.
En mars 2026, le vote ne désignera pas uniquement une équipe municipale.
Il fixera aussi, souvent sans que ce soit explicitement perçu, la manière dont le territoire sera gouverné à l’échelle intercommunale pour les six prochaines années.
Pour aller plus loin :
Intercommunalités de France propose unecampagne d’information sur le fonctionnement des élections municipales et intercommunales.


