QUAND L’EUROPE DÉBAT D’EAU, DE PÊCHE ET D’AGRICULTURE

À Bruxelles, le mot est lâché : l’Europe n’est pas au rendez-vous de ses propres objectifs en matière d’eau. Le constat figure noir sur blanc dans les travaux du Comité européen des Régions. Il ouvre la dernière lettre d’information de Nathalie Sarrabezolles et en donne le ton.

L’eau n’y apparaît pas comme un thème environnemental de plus. Elle devient un test de crédibilité politique. Restaurer le cycle, organiser une gestion plus rationnelle de la ressource, garantir un accès propre et abordable : les trois piliers de la future stratégie européenne sont connus. Ce qui l’est moins, c’est l’ampleur du retard reconnu à ce stade.

Membre titulaire de la délégation française au Comité européen des Régions, membre de son bureau et vice-présidente du groupe du Parti socialiste européen, Nathalie Sarrabezolles s’inscrit dans ce moment de clarification : la stratégie ne tiendra pas sans les collectivités.

Sur l’eau, les décisions européennes se mesurent aussitôt à la réalité des territoires : réseaux à entretenir, stations à moderniser, investissements lourds à inscrire dans la durée. Elles supposent aussi des arbitrages entre usages agricoles, domestiques, industriels ou touristiques et donc des choix budgétaires.

C’est à cette réalité que renvoie l’avis en discussion au Comité européen des Régions. Sans financements accessibles, notamment pour les petites communes et les territoires ruraux, la stratégie restera lettre morte. Or ce sont précisément ces territoires qui devront moderniser leurs infrastructures et absorber les tensions croissantes sur la ressource. Sans articulation effective entre niveaux européen, national et local, les blocages persisteront. Et sans adaptation aux effets du changement climatique ou à l’apparition de nouveaux polluants, les objectifs resteront théoriques.

Toutes les situations territoriales ne se ressemblent pas. Les territoires déjà confrontés à la rareté de l’eau, comme les régions ultrapériphériques, sont explicitement mentionnés. Cette précision n’est pas anodine : elle signifie que la diversité des réalités locales est reconnue dans le débat européen.

L’eau en est le fil. Elle n’en épuise pas la matière. La future politique agricole commune 2028-2034, la politique commune de la pêche, le pacte européen pour les océans, la politique maritime et aquacole ou encore la réflexion sur un système de transport durable figurent parmi les avis en cours d’élaboration. Pour un département rural et littoral comme le Finistère, ces dossiers ne relèvent pas de l’arrière-plan. Ils conditionnent l’avenir des exploitations, des ports, des filières maritimes et des équilibres économiques locaux.

Le constat est public. L’heure est aux décisions.

La lettre de Nathalie Sarrabezolles est consultable ci-dessous, dans son intégralité.

Lettre n°4 de Nathalie Sarrabezolles

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