Cinquante euros, versés une seule fois, pour répondre à des mois de pleins trop chers. À l’Assemblée nationale, Mélanie Thomin a interpellé le gouvernement sur l’aide carburant annoncée pour les travailleurs modestes qualifiés de « gros rouleurs ». Une mesure que la députée du Finistère juge trop étroite face à la réalité de celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture chaque jour.
Le dispositif vise les salariés aux revenus modestes, sous conditions de distance ou de kilomètres parcourus dans le cadre professionnel. Mais pour Mélanie Thomin, le compte n’y est pas. Une personne seule devra notamment être proche du SMIC et parcourir plus de 15 kilomètres entre son domicile et son lieu de travail pour entrer dans les critères. Résultat : une partie des classes moyennes reste exclue, alors même que la voiture demeure indispensable dans de nombreux territoires ruraux et périurbains.
Au-delà des seuls trajets professionnels, c’est toute la réalité des mobilités contraintes qui reste mal prise en compte. Dans le Finistère comme ailleurs, l’automobile conditionne l’accès aux services, aux soins, à l’emploi, mais aussi à la vie familiale et sociale. Pour la députée socialiste, l’aide annoncée passe ainsi à côté d’une part importante de ce que vivent les ménages éloignés des grands centres urbains.
Mélanie Thomin dénonce aussi une aide sans progressivité. Plus les distances sont longues, plus les 50 euros se diluent dans le prix réel du carburant. Pour les salariés qui roulent beaucoup, le soutien annoncé revient à quelques centimes par litre, loin des besoins réels.
Au-delà du dispositif, la députée a remis sur la table la question de la justice fiscale. Alors que TotalEnergies affiche des bénéfices en forte hausse, elle estime que les grandes entreprises pétrolières doivent être davantage mises à contribution. « Nous ne roulons pas pour engraisser Total », a-t-elle lancé dans l’hémicycle, appelant le gouvernement à faire contribuer les profiteurs de crise plutôt que de laisser les ménages absorber seuls le choc des prix.
Pour Mélanie Thomin, le sujet dépasse le seul montant de l’aide. Derrière les critères administratifs, c’est une façon de gouverner à distance qui se dessine, loin des territoires où les kilomètres s’additionnent et où les pleins se paient comptant.


