LYCÉENS MOBILISÉS : DANS LE FINISTÈRE, LES ÉLUS OUVRENT LE DIALOGUE

Au fil de la semaine, la mobilisation lycéenne a gagné le débat politique local dans le Finistère. Enseignants non remplacés, Parcoursup, conditions d’études, précarité, état de certains bâtiments : les motifs sont multiples, mais un reproche revient, celui de ne pas être pris au sérieux. Plusieurs élus ont choisi d’ouvrir la discussion, parfois en recevant les jeunes, parfois en allant à leur rencontre, parfois encore en portant leurs demandes dans les assemblées où ils siègent.

À Quimper, Isabelle Assih a choisi de ne pas s’en tenir à la réception d’une délégation. Les lycéens venus exposer leurs revendications ont aussi demandé à être davantage associés aux décisions qui les concernent ; l’échange s’est prolongé par une médiation avec la Police nationale, un relais auprès de la Région sur les bâtiments et les conditions d’accueil, des échanges avec les proviseurs autour de la vie scolaire et de nouveaux rendez-vous entre élus, lycéens et étudiants. Dès le 7 octobre, la Ville a ouvert un espace d’expression en ligne ; les violences ont été condamnées, l’apaisement demandé, sans pour autant réduire le mouvement à ses seuls débordements.

Le 6 octobre, à Brest, Kévin Faure, Sandrine Perhirin et Émilie Kuchel étaient aux côtés des lycéens ; le même jour à Morlaix, Jean-Paul Vermot et Guy Pennec avaient eux aussi fait le déplacement devant le lycée Tristan-Corbière, où lycéens et organisations syndicales manifestaient ensemble. Deux jours plus tard, Kévin Faure portait ces préoccupations dans l’hémicycle départemental, des enseignants non remplacés à Parcoursup, du logement à la précarité :  “Écouter avant de caricaturer, dialoguer avant de disqualifier”. À Quimperlé, Michaël Quernez a, lui aussi, distingué les dégradations, qu’il condamne, de revendications qu’il juge légitimes et principalement adressées au gouvernement, tout en se disant disponible pour rencontrer les lycéens.

À Châteaulin, les jeunes rencontrés par Mélanie Thomin avaient d’abord tenu à se démarquer des violences commises en marge du mouvement. Ils lui ont surtout dit leur lassitude d’être “infantilisés” alors qu’on leur demande sans cesse d’être responsables, jusqu’à résumer leur sentiment en quelques mots : “marre de ne pas être pris au sérieux”. À cela s’ajoutaient les enseignants non remplacés, le froid dans certains bâtiments, leur vétusté ou des rénovations jugées insuffisantes ; la députée a annoncé qu’elle porterait ces demandes à l’Assemblée nationale et qu’elle resterait disponible pour poursuivre l’échange.

Émilie Kuchel a également participé, aux côtés de la rectrice, à un échange avec les lycéen·nes élu·es au Conseil académique de la vie lycéenne. Les conditions d’études y ont largement occupé les discussions, tout comme la place faite à leur parole dans les décisions qui les concernent. Dans un communiqué publié le 1er octobre, le PS du Finistère appelait à “l’ouverture immédiate d’un dialogue” tout en condamnant les actes de vandalisme ; manque d’enseignants, Parcoursup, dégradation des conditions d’études ou accompagnement des élèves victimes de harcèlement figuraient parmi les sujets soulevés, avec en arrière-plan le budget 2027 et les moyens accordés à l’Éducation nationale.

Car le dialogue ne règle pas la question des moyens. Sur BFMTV, Loïg Chesnais-Girard rappelait récemment que “les lieux de dialogue, ce n’est pas seulement à Paris”, tout en expliquant qu’il fallait aussi pouvoir dire aux lycéens qu’une rénovation pourrait attendre un ou deux ans faute d’argent, entendre leur agacement et continuer à discuter. La Région Bretagne avance un milliard d’euros déjà consacré aux lycées et estime qu’un montant équivalent devra encore être mobilisé dans les années qui viennent alors que ses recettes diminuent ; pour 2026, 113,3 millions d’euros d’investissements immobiliers ont été inscrits pour les 116 lycées publics bretons.

Les élus locaux ne régleront ni Parcoursup ni les remplacements d’enseignants, et ils ne le prétendent pas ; ils peuvent en revanche recevoir, relayer, répondre sur ce qui relève d’eux et refuser que les débordements effacent le reste. Dans le Finistère, plusieurs élus ont choisi d’entendre la colère ; il revient maintenant à l’État de répondre à ce qui l’a fait naître.

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