Dans une question écrite publiée ce jeudi 16 juillet, Jean-Luc Fichet a demandé au Gouvernement d’ouvrir le chantier de la pénibilité des urgentistes. Le sénateur socialiste du Finistère veut que le travail de nuit, l’exposition répétée à l’urgence vitale et l’usure accumulée au fil des gardes cessent d’être considérés comme de simples contraintes inhérentes au métier.
Entre le 18 et le 29 juin, plus de 6 300 hospitalisations ont été enregistrées, dont près des deux tiers concernaient des personnes âgées de plus de 75 ans. La phase 3 du plan ORSAN a été déclenchée pour mobiliser le système de santé ; dans les services, il a fallu accueillir davantage de patients fragiles, trouver des lits d’hospitalisation et maintenir les prises en charge dans des locaux parfois mal adaptés aux fortes chaleurs.
Et la pression ne retombe pas avec le thermomètre : l’activité reste soutenue plusieurs jours après le pic, lorsque les déshydratations, les décompensations et les aggravations de pathologies chroniques continuent d’amener des patients aux urgences. À cette charge s’ajoutent les nuits répétées, les horaires décalés, les décisions vitales prises sous pression et la confrontation quotidienne à la souffrance comme à la mort.
Jean-Luc Fichet demande que cette usure compte réellement dans les carrières. La reconnaissance du travail de nuit, la prévention, l’aménagement des fins de parcours professionnels et les conditions de départ à la retraite doivent tenir compte de ce que le métier exige durablement de celles et ceux qui l’exercent.
Le Gouvernement doit préciser à quelle échéance il ouvrira ce chantier. À l’hôpital public, la vocation ne peut plus tenir lieu de politique de carrière.


