On parle souvent du contenu d’une campagne. Plus rarement de son coût réel.
Pourtant, à un peu plus de 2 semaines des élections municipales, une question revient : qu’est-ce qui pourra être remboursé, et dans quelles limites ?
Un arrêté ministériel du 20 février 2026 fixe les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression et d’affichage des documents électoraux. Ce texte encadre précisément ce que l’État peut prendre en charge, mais aussi les plafonds à ne pas perdre de vue.
Premier point à avoir en tête : dans les communes de 1 000 habitants et plus, les quantités de propagande admises à remboursement ne le sont que pour les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. En dessous de ce seuil, aucun remboursement n’est prévu pour les circulaires, les bulletins de vote ou les affiches.
Ce n’est donc pas un simple détail comptable. C’est un risque financier réel, en particulier pour les listes qui engagent des frais importants dès le premier tour.
Autre point essentiel : les montants fixés par l’arrêté ne sont pas des forfaits. Ce sont des plafonds. Le remboursement s’effectue dans la limite du tarif maximal prévu par le texte, ou du montant réellement facturé si celui-ci est inférieur. Un devis trop élevé ne sera donc jamais rattrapé par l’État.
Les volumes, eux aussi, sont strictement encadrés.
Pour les circulaires, la quantité maximale retenue est celle du nombre d’électeurs inscrits majoré de 5 %.
Pour les bulletins de vote, elle correspond au double du nombre d’électeurs inscrits majoré de 10 %.
S’agissant des affiches, la règle rappelée par la préfecture est claire : deux petites affiches identiques par emplacement et deux grandes affiches identiques par emplacement.
Les affiches répondent d’ailleurs à des formats maximaux précis. Pour autant, des formats inférieurs restent possibles, avec un remboursement recalculé proportionnellement. Là encore, la règle mérite d’être lue de près, car il ne suffit pas d’imprimer : encore faut-il respecter le cadre prévu.
Même les frais d’apposition sont encadrés. Ils ne sont remboursables que s’ils correspondent à une prestation réalisée par une entreprise professionnelle. Une équipe militante ne peut donc pas facturer elle-même la pose de ses affiches.
Dans les communes de 2 500 habitants et plus, les listes candidates pourront bénéficier du concours de la commission de propagande pour l’envoi des circulaires et des bulletins aux électeurs, ainsi que pour la mise à disposition des bulletins dans les bureaux de vote. La préfecture du Finistère rappelle d’ailleurs que ces commissions ont été instituées par arrêté préfectoral et que les listes qui souhaitent y recourir doivent respecter des dates limites de dépôt précises.
Les candidats peuvent aussi, s’ils le souhaitent, s’assurer auprès de la commission de la régularité de leurs projets de circulaires et de bulletins avant de lancer l’impression. C’est loin d’être anodin. Une vérification en amont peut éviter une erreur de présentation, un tirage inutile ou une dépense engagée à perte.
Ces règles peuvent sembler techniques. Elles pèsent pourtant directement sur le budget d’une campagne. Une mauvaise anticipation des quantités, une facture mal établie, un non-respect des plafonds ou des délais, et c’est l’équilibre budgétaire de la campagne qui peut se trouver fragilisé.
Dans un contexte où beaucoup de listes s’engagent avec des moyens comptés, mieux vaut traiter ces questions avec le même sérieux que le programme, la composition de la liste ou l’organisation du terrain.
La campagne ne se joue pas seulement dans les idées, elle se joue aussi dans la maîtrise du cadre juridique et financier.
En savoir plus :
- L’arrêté du 20 février 2026 fixant les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression et d’affichage des documents électoraux est consultable ici.
- Pour les communes de 2 500 habitants et plus ayant recours à la commission de propagande, les modalités pratiques fixées par la préfecture du Finistère, notamment les dates limites de dépôt, sont également consultables ici.


