DIRECTEURS D’ÉCOLE : UNE NOUVELLE CIRCULAIRE À LIRE CÔTÉ COMMUNES

Une circulaire publiée le 19 mai par l’Éducation nationale pourrait bien intéresser les maires davantage qu’elle ne le laisse croire. Consacrée aux missions des directrices et directeurs d’école, elle remplace la circulaire de 2014 et précise le rôle reconnu aux directions d’école depuis la loi du 21 décembre 2021.

Officiellement, il est question des missions des directrices et directeurs d’école. En pratique, la circulaire parle aussi des mairies : des Atsem, des locaux, de la sécurité, du périscolaire, des inscriptions, du conseil d’école.

Le ministère y emploie un vocabulaire qui dit déjà beaucoup de l’évolution engagée depuis plusieurs années : “pilotage pédagogique”, “organisation du service”, “coordination des personnels”, “autorité fonctionnelle”. Le glissement n’est pas seulement lexical, on n’est plus seulement dans l’animation d’une équipe enseignante, mais dans l’organisation de l’école pendant le temps scolaire.

Le passage qui retiendra probablement le plus l’attention des élus concerne les Atsem. Pendant le temps scolaire, l’autorité fonctionnelle du directeur s’applique à l’ensemble des personnels présents dans l’école, y compris les Atsem et les AESH.

Juridiquement, les Atsem restent des agents territoriaux, placés sous l’autorité du maire. Mais dans une école maternelle, l’organisation se règle rarement à coups d’organigramme. Elle tient aussi aux habitudes de travail entre la direction, les enseignants, les agents communaux et les services municipaux.

La circulaire formalise donc des équilibres qui, dans beaucoup d’écoles, tenaient surtout à l’habitude. Pendant le temps scolaire, le directeur organise le service, contrôle l’activité des personnels présents dans l’école et veille au bon fonctionnement de l’établissement. Là où les relations école-mairie sont déjà bien calées, elle ne changera sans doute pas grand-chose. Là où les moyens manquent, où les consignes passent mal ou où les rôles n’ont jamais été vraiment posés, elle pourra en revanche faire apparaître des tensions.

Même logique pour les locaux et les moyens attribués à l’école. Après avis du conseil des maîtres, le directeur fixe les modalités d’utilisation des locaux pendant les horaires d’enseignement. Il répartit aussi les moyens d’enseignement, dont les crédits attribués par la commune ou l’EPCI compétent.

La commune conserve la charge des bâtiments, de l’entretien, des équipements, des agents territoriaux et d’une large partie des services qui entourent l’école. Pendant le temps scolaire, l’organisation de l’établissement passe davantage par la direction.

Plusieurs passages intéressent aussi directement les mairies dans leur fonctionnement le plus courant. Le directeur admet les élèves sur présentation du certificat d’inscription délivré par le maire. Il informe également la commune en cas de radiation. La circulaire insiste aussi sur la nécessité d’échanges réguliers entre école et collectivité pour organiser les transitions entre temps scolaire et périscolaire.

Les élus le savent bien : c’est souvent à ces moments-là que l’organisation se tend. Accueil du matin, pause méridienne, garderie, sortie des classes, transmission des informations entre équipes : ces passages demandent une coordination précise, particulièrement dans les communes où les effectifs sont réduits et les services déjà fortement sollicités.

La circulaire rappelle aussi le rôle du directeur dans le suivi de l’assiduité et la protection de l’enfance, deux sujets où l’école, les familles, les services sociaux et les collectivités peuvent rapidement se retrouver en lien.

La sécurité fait aussi partie des passages à regarder de près. Exercices incendie, PPMS, contrôle des accès ou articulation entre scolaire et périscolaire : la circulaire pousse clairement vers des procédures communes entre l’école et la collectivité.

Le conseil d’école reste enfin un point de passage important entre commune et Éducation nationale. Le directeur le préside, fixe l’ordre du jour, présente les résultats de l’école et les orientations du projet d’école. Le procès-verbal est transmis au maire et à l’inspection académique. Dans beaucoup de communes, ce rendez-vous conserve un caractère très formel. Pourtant, c’est souvent là que ressurgissent les questions les plus sensibles : effectifs, locaux, sécurité, périscolaire ou relations avec certaines familles.

La circulaire ne donne pas de nouvelles compétences aux communes. Mais elle met fin à une part de flou dans l’organisation des écoles : Atsem, locaux, sécurité, périscolaire, conseil d’école. Autant de sujets où les mairies étaient déjà engagées, parfois sur la base d’habitudes plus que de règles clairement partagées.

Pour les élus, le texte vaut surtout comme point d’alerte : si les relations avec l’école fonctionnent, autant les formaliser. Si elles sont fragiles, mieux vaut les revoir avant qu’un incident, une absence ou un désaccord ne les mette à l’épreuve.

Pour les maires et les adjoints aux affaires scolaires, l’intérêt est là : poser les règles tant que tout fonctionne, plutôt que devoir les rediscuter après une absence non remplacée, une information perdue entre école et périscolaire, ou un incident de sécurité.

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